Le terrorisme indépendantiste
L'Euskadi Ta Askatasuna (Pays Basque et liberté), ou ETA, est une organisation armée clandestine indépendantiste basque, d'orientation socialiste et agissant par le terrorisme. Elle fut crée en juillet 1959. Cette région du Nord de l'Espagne, fortement catholique et conservatrice, participait à la lutte du mouvement carliste contre le pouvoir de Madrid, jugé trop libéral.
Sous le régime franquiste, les spécificités politiques et culturelles des Basques ont été fortement combattues et réprimées, et la langue basque interdite. A cette époque, l'Eglise catholique animait les mouvements d'opposition à Madrid. L'ETA, à l'image de l'IRA irlandaise entamait sa lutte armée au cours des années 1960, en prennant pour cibles les forces armées et de police espagnoles.
Protégés à la fois par de nombreux prêtres catholiques et par des militants syndicalistes et anarchistes, les membres de l'ETA ont acquis une certaine légitimité populaire. Le relatif isolement de l'Espagne (en raison de la nature non démocratique de son régime) renforçant le prestige de l'ETA. L'assassinat du chef du gouvernement, l'amiral Carrero Blanco, à Madrid en 1973, a marqué un tournant décisif en montrant la capacité d'organisation et de violence de l'ETA.
A l'issue de la "transition démocratique" (1975-1978), la constitution espagnole a reconnu le principe d'autonomie des régions, qui était voulu tout particulièrement par la Catalogne et par le Pays Basque. Soucieux d'effacer certains mauvais souvenirs du franquisme, les différents gouvernements de Madrid ont ensuite très souvent cédé aux exigences, tant des catalans que des basques.
Aujourd'hui, le gouvernement basque est "souverain" en matière d'éducation, d'action culturelle, d'aménagement du territoire et de sécurité intérieure. De ce fait, cette région dispose de la plus grande autonomie administrative et politique de toute l'Union Européenne, au point d'avoir des prérogatives qui vont à l'encontre de l'unité de l'Etat espagnol.
Or la satisfaction des revendications nationalistes ne s'est pas accompagnée de la fin du terrorisme. Les efforts faits par les autorités espagnoles pour répondre aux demandes basques n'ont pas été reconnus: au contraire, l'ETA a amplifié sa lutte en cherchant à provoquer délibérément une rupture de la démocratie espagnole par des actions permanentes de provocation meurtrière envers les armées, la police, la Guardia Civil et les institutions judiciaires, pour les obliger à intervenir dans la rue et donc à liquider les acquis de la "transition". Ainsi, la tentative de putch de 23 février 1981 menée par certains militaires répondait à une volonté de désagrégation de l'Etat-nation recherchée par les nationalistes basques et catalans.
De l'autre côté des Pyrénées et pendant de nombreuses années, la France avait constitué le sanctuaire des terroristes qui bénéficiaient de l'appui des mouvements indépendantistes (basque français : Iparetarak, et breton : FLB). Le paradoxe était que la lutte armée de l'ETA était dirigée désormais contre un Etat démocratique sans que les partenaires européens de l'Espagne ne fussent vraiment conscients qu'il s'agissait d'un terrorisme contre la démocratie et non d'une revendication, en partie justifiée mais depuis longtemps satisfaite par Madrid.
Ce n'est qu'à partir des années 1984-1985, lorsque le terrorisme d'Action Directe et du Proche-Orient a commencé à endeuiller la France, que les gouvernements français ont réalisé le caractère menaçant de l'ETA et ont entamé une collaboration officielle avec les autorités espagnoles.
Aujourd'hui la coopération policière et judiciaire est particulièrement étroite avec notamment la présence d'un officier de gendarmerie et d'un magistrat spécialisé dans la lutte antiterroriste à l'ambassade de France à Madrid. Depuis une dizaine d'années, malgré les changements politiques intervenus dans les deux pays, la ligne d'action suivie par les autorités n'a pas varié.
Les principales conséquences des actions de l'ETA
Les conséquences économiques :
· Baisse des investissements en provenance du reste de l'Espagne, mais également de l'étranger.
· Baisse du nombre d'implantations d'entreprises et augmentation des délocalisations.
· Diminution du volume des impôts dû à de nombreux flux migratoires.
Les conséquences sociales :
· Solde migratoire négatif.
· Sentiment de peur et d'insécurité.
· Sentiment de colère, manifestations anti-ETA.
Les conséquences politiques :
· Affaiblissement du pouvoir du gouvernement qui parfois ne sait pas comment réagir…
· Nombreux conflits internes.
· Confrontations entre les différents partis politiques qui se répercutent sur les citoyens.
· Régression de la démocratie au pays basque.
· Forte instabilité politique.